IN THE VALLEY BELOW : RENCONTRE AVEC LE DUO MAGNETIQUE

C’est lors d’un de leurs derniers passages à Paris que j’ai eu la chance de rencontrer Jeffrey Jacob et Angela Gail. Le duo formé à Los Angeles s’est confié à moi sur leurs débuts, la production de leur premier album studio The Belt ainsi que leurs influences musicales.
Immersion dans leur univers electro-folk en noir et blanc…

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Pouvez-vous revenir sur la création du projet In The Valley Below ?

Angela : On a tous les deux déménagé chacun de notre côté à L.A. pour poursuivre ce rêve de réussir dans la musique et essayer d’en vivre. Lorsque j’ai vu Jeffrey pour la première fois lors d’un concert, j’étais vraiment captivée par sa façon géniale de jouer. Je voulais le rencontrer pour savoir s’il était possible de travailler ensemble, mais nous étions tous les deux de grands timides… Nous nous sommes finalement rencontrés… A l’époque nous jouions dans des groupes différents. On a passé un week-end entier à écouter la radio, la prog était parfaite, chaque chanson était si géniale et émotionnelle que l’on s’est demandé pourquoi on n’écrirait pas nous aussi de telles chansons, en les enregistrant dans le style que nous aimions… Donc on s’y est mis tous les deux, mais au début les chansons que nous écrivions étaient horribles (rires), je crois qu’une d’entre elles parlait de cousins qui tombaient amoureux (rires)… Et puis au fil du temps, ça devenait de mieux en mieux. On faisait ça pour le fun et n’avions pas forcément l’idée de monter un groupe ou contacter un label à cette époque… Et bon, nous y voilà !

Quand le groupe a-t-il vu le jour ?

Angela : Je pense que cela remonte à trois, quatre ans…

Jeffrey : On a commencé il y a quelques années mais ça a pris du temps car on ne pouvait pas bosser de façon continue sur ce projet.

Angela: Oui il me semble qu’on a commencé en 2010 mais effectivement on avait chacun un boulot à côté à cette époque.

Comment vous répartissez-vous le travail sur vos chansons ?

Jeffrey : En fait on arrive à bosser de façon égale sur chacun des aspects créatifs de nos chansons.
Parfois le début d’une chanson part d’une de mes idées ou d’une base qu’on a trouvée ensemble, mais quoiqu’il en soit nous terminons toutes nos chansons ensemble.

Il en est de même en ce qui concerne les textes ?

Angela : Oui, l’un ou l’autre arrive avec des idées de paroles en tête et quand l’un d’entre nous a un trou ou un manque d’inspiration, nous travaillons ensemble pour remplir les blancs…

Quelle est votre principale inspiration lorsqu’il s’agit d’écrire vos textes ?

Angela : Pour moi l’écriture des textes se résume à des confessions, je parle parfois de choses dont je me sens coupable, ou d’évènement passés qui restent encore ancrés dans ma vie de tous les jours.

Jeffrey : Je pense que l’écriture est un bon moyen de se libérer des choses qui nous rongent de l’intérieur.

Votre musique semble être un savant mélange de rock/folk traditionnel et d’electro… Pouvez-vous nous parler de vos influences et des artistes qui vous ont inspirés ?

Jeffrey : Je pense que nous aimons mélanger les éléments électroniques et acoustiques, le digital et l’analogique. Nous pouvons partir d’un son rock un peu poisseux et rajouter des synthés et des boucles rythmiques. Nous n’essayons pas de partir de façon extrême dans telle ou telle direction mais essayons plutôt de mélanger les genres pour avoir un tout cohérent…

Angela : C’est difficile de parler d’influences pour nous, car il n’y a pas un groupe particulier qui sonne comme notre musique, mais nos groupes favoris sont Pink Floyd et Phil Collins, ce qui peut facilement retranscrire ce mélange des genres dans notre musique.

Comment s’est passée la production de votre premier album studio ?

Jeffrey : On a écrit, produit et enregistré tous les morceaux nous mêmes. Ça a pris un peu de temps car comme nous te l’avons dit nous travaillions tous les deux à côté, on le faisait donc sur notre temps libre.
Il nous a donc fallu un an et demi à peu près, on avait du matos un peu rudimentaire, un laptop et quelques instruments et effets…

On parle souvent de patchwork musical lorsqu’on évoque le premier album studio d’un artiste du fait qu’il est souvent le condensé de compos qui s’étalent sur quelques années. Votre premier disque semble néanmoins assez cohérent…

Angela : Je pense effectivement que ça reste du patchwork car quand nous avons commencé, c’était juste pour faire quelques chansons, sans avoir de projet derrière. Mais quand nous avons émis le souhait de faire un album, nous avions déjà composé 6 chansons, elles ont sans doute un peu évoluées au fur et à mesure que les nouveaux morceaux arrivaient.

Jeffrey : Certains des premiers morceaux commençaient à dater mais nous avons réussi à garder une esthétique assez forte sur l’ensemble du projet, et notre palette sonore nous a permis d’avoir « un tout » qui sonne de façon cohérente.

Angela : L’idée était de créer un album que nous puissions écouter et aimer comme lorsqu’on découvre celui d’un autre artiste qui nous est cher.

Pouvez-vous nous parler de votre look ?

Angela : La façon dont nous nous habillons au sein du groupe et lorsque nous jouons sur scène est assez cérémoniale, cela fait partie du projet global… La partie visuelle est aussi importante que l’aspect musical de notre projet.

Jeffrey : La manière dont nous nous habillons nous permet de rentrer complètement dans cet univers que nous avons créé dans ce projet et nous aide à défendre notre musique quand nous sommes sur scène. Je pense que d’une perspective extérieure, avoir quelque chose d’intéressant à regarder lorsque l’on assiste à un concert, peu importe l’univers dans lequel on se trouve, que l’on porte un ensemble blanc ou un smoking noir, cela est beaucoup plus intéressant que de monter sur les planches avec un jean et un t-shirt. Il n’y a, bien sur, rien de mal à ça, mais je trouve cela personnellement plus intéressant lorsqu’un artiste est vêtu de façon à ramener un élément visuel qui permet au public d’être transporté au delà de la banale réalité. Quand nous avons créé le groupe, nous voulions créer un « endroit » imaginaire dans lequel ramener les gens, que cela soit dans une salle de concert ou dans leur salon.

Je vous ai vus lors d’une performance dans le programme de David Letterman… Comment cela s’est-il passé ? Cela vous a-t-il aidé dans votre carrière ?

Angela : Oui cela nous a définitivement aidé à avoir plus de notoriété et à toucher un plus large public. Pour nous c’était un peu comme un rêve, d’avoir réussi à atteindre ce niveau dans le monde de la musique.

Jeffrey : C’était un peu effrayant…

Angela : Oui c’était flippant, on était complétement jetlagués…

Jeffrey : On revenait de Grande Bretagne… En atterrissant à New York on était à la fois exténués, nerveux et excités…

Vous paraissiez pourtant en forme…

Jeffrey : Il y a eu beaucoup de maquillage (rires) du moins pour moi…
On a demandé à la personne qui s’occupait de nous sur le plateau de nous ramener du whisky, et ça nous
a aidé à décompresser (rires)… C’était une expérience géniale.

Angela : Une grande opportunité, nous sommes vraiment chanceux…


In the Valley Below – Peaches [Live on David… par eidurrasmussen

Vous avez commencé une tournée avec White Lies. Comment vivez-vous l’expérience de la scène ?

Jeffrey : Après avoir été sur les routes depuis un mois maintenant nous sommes rentrés dans une forme de routine dans laquelle nous nous sentons bien, nous adorons jouer sur scène.

Angela : Nous adorons voyager, découvrir de nouvelles villes et passer d’hôtels en hôtels…

Avez-vous déjà commencé à songer à de nouveau titres pour un futur album ?

Angela : J’ai plein d’idées de nouvelles chansons, mais nous avons à peine le temps de s’asseoir en ce moment…

Jeffrey : Ouais on va encore jouer pendant des mois, c’est dur de trouver du temps pour composer.
Être en tournée sollicite une autre partie du cerveau que lorsque tu es en studio. C’est vraiment difficile d’avoir la capacité de switcher lorsque tu as un jour de libre pour composer quelques heures puis revenir sur scène le lendemain…

Avez-vous eu récemment des coups de foudres musicaux ou découvert de nouveaux artistes dont vous aimeriez nous parler ?

Jeffrey : Dans notre van il n’y a pas d’entrée pour brancher un Ipod (rires), donc on a plutôt l’habitude d’écouter la radio, mais lorsqu’on se retrouve en rase campagne on ne capte pas grand chose… En fait nous avons un cd que j’ai acheté dans une station essence en Norvège, un album de T.Rex qu’on a écouté une centaine de fois…

Angela : Il y a tellement de groupes… En ce moment on écoute Jessica Lea Mayfield… J’aime pas mal aussi le nouveau groupe Foxygen.

Si je vous demandais de me donner un morceau que vous écouteriez pour vous endormir ?

Jeffrey : Tous nos morceaux (rires)…

Angela : Je dirais Sweet Jane, mais la version des Cowboy Junkies

Jeffrey : Probablement toutes les chansons de Sigur Rós

Un titre pour faire la fête ?

Angela : Un morceau de cette chanteuse française, Yelle.

Jeffrey : Un titre de T.Rex.

Une chanson pour faire l’amour ?

Angela : Du Miles Davis… peut être Kind of Blue.

Jeffrey : … ou du Prince. Bon allons directement au fait, I Want Your Sex de George Michael (rires).

Un morceau pour rompre avec quelqu’un ?

Angela : Un morceau de Motown ou bien le dernier album de David Lynch.