Lao Ra, une artiste à stalker de près

Alors que l’académie du Mickey Mouse Club de Disney a longtemps fait office de Poudlard en terme de formation de popstars, les années 2010 se voient marquées par une nouvelle génération formée depuis le canapé, par MTV. Une chaîne infinie de clips pour théorie, qu’on a tous essayé de mettre en pratique en répétant les chorés devant son écran, sans nécessaire talent.

Autodidactes, ce Breakfast Club moins lisse s’exprime sans l’influence des Majors, espèce éteinte depuis, et révèle une pop DIY souvent née dans l’intimité d’un studio improvisé dans sa chambre. Une sensibilité pour des mélodies qui se doivent de percuter d’entrée de jeu, les internets ayant anesthésié notre habilité générale à la concentration, au moyen de productions qui ne se limitent plus en termes de genres musicaux, ramenant à la question de déterminer la pop de populaire comme style ou compliment.

Lao Ra emboîte le pas de cette nouvelle génération depuis la Colombie. L’identité visuelle est définie, marquée de motifs et collages auxquels Tumblr nous a bien habitué, et la patte musicale infinie – Lao Ra sample de tous les genres, la tropical s’enracine dans le reggae, nuancée par une identité R’n’B avec quelques intros aux épices arabisantes. Non pas de la world music, mais une pop fédératrice pour conquérir le monde. Des titres qui se révèlent tous aussi réussis, cohésifs sans être trop répétitifs. Lao Ra prépare encore son premier album, mais dispose déjà d’un nombre de potentiels tubes égal.

Alors qu’on la suit avec attentes et attention sur Youtube depuis plusieurs mois, nous avons enfin profité de l’occasion de la découvrir sur la scène du Point Éphémère samedi dernier dans le cadre du Winter Camp Festival.

Si Jésus l’a rendue mauvaise en 2015, les vidéos ont donné naissance à une future star incontournable des radios. Les moyens sont modestes, un seul DJ est présent sur scène pour l’accompagner, mais les armes sont imparables. Lao Ra présente ses quelques titres au cours d’un set chenille qu’on souhaiterait infini, où la musique ne s’arrête – presque – jamais. Si l’on pourrait lui reprocher de se reposer parfois trop sur la bande sonore, nos pieds ne trouvent pourtant pas de répit et ne se posent jamais bien longtemps au sol. Les morceaux nous entraînent instinctivement, Lao Ra occupe la scène avec assurance, n’hésitant pas à reprendre le P.I.M.P. de 50 Cent pour valider sa prestance.

La Colombienne ne se cache pas derrière de fausses intentions et le répète en interview : « J’ai grandi en regardant les pop stars à la télévision et j’ai voulu faire partie de ce milieu artistique. ». Un succès dont elle a déjà trouvé la recette, ne reste plus qu’à évaluer le temps pour que la sauce prenne. Et l’on en reprendrait bien quelques morceaux de notre côté. Un concert du samedi réussi, qui nous a embarqué à danser pour le reste de la nuit.

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