[LIVE REPORT] Bloum + Kanzi (Release Party)

L’exercice du live report n’est pas notre préféré, il est même plutôt redouté et – souvent – forcé.

Comme il porte bien son nom, un live se vit : on se laisse émerveiller par la scénographie (ou, parfois, le physique des musiciens), on danse sur son tube préféré ou ce morceau, là, qu’on connaissait pas mais qui se trouve être vachement entraînant, on échange avec ses voisins, connaissances ou non, on s’ennuie par moments alors on en profite pour se faire un tour des réseaux sociaux. On se laisse submerger par une vague d’émotions, puis on quitte la salle l’esprit léger et le cœur rempli, un sourire au coin des lèvres et rien de bien plus intéressant à dire que : « c’était bien! »

Et puis parfois, c’était tellement bien qu’il semble tout juste pertinent de le signaler.

Samedi dernier, les copains d’Animal Records ont investi la salle du Badaboum pour nous (re)présenter deux de leurs poulains : Kanzi et Bloum. Fondé en 2014, le label Animal Records ne boude pas les plaisirs et fait le pari de réunir cuisine et musique, au détour de ses soirées Gourmande notamment. S’ils n’avaient pas d’assiettes à nous servir ce soir-là, il y en avait ceci dit pour tous les goûts – un buffet illimité de saveurs qui nous a régalés.

Kanzi© Blanche Clément

Kanzi a ouvert le bal pour célébrer la sortie de leur second EP, sketches, early summer. Le quatuor anglais, qui tourne depuis 2013, propose un live bien rôdé musicalement, mais dont le spectacle laisse un peu sur sa faim. Ancré dans le rock, porté par l’électronique, on retrouve chez Kanzi ces sonorités qui nous ont bercés durant le lycée – le NME ne se retient pas de les comparer à Radiohead. Des souvenirs tendres qui complimentent le charme chaleureux du groupe, idéal en première partie pour s’acclimater aux lieux et profiter d’un moment convivial en bonne compagnie.

S’il n’est pas utile de connaître leurs titres pour se laisser séduire par Kanzi, l’absence de présence scénique empêche malheureusement le spectateur d’accrocher visuellement et de s’impliquer dans le spectacle. Un bémol qui ne traduit qu’un crush naissant : on aurait finalement bien aimé passer un moment plus approfondi avec le groupe.

Bloum© Blanche Clément

Ce n’est pas un hasard si leur dernier single est un de leurs meilleurs : c’est le talent de proposer à chaque titre un voyage musical riche et toujours surprenant. Bloum enchaîne sur scène et nous embarque dans leur TGV nommé plaisir. Un spectacle aussi bien visuel que musical, et l’on se retrouve ébloui par l’architecture de lumières alors que nos oreilles ne savent plus vers où se tourner : si la flûte étonne en entrée de show, on se surprend encore de trouver dans le coin droit un peu plus tard le saxophone qu’on entend depuis tout à l’heure. Une musique travaillée dans le détail, qui ne perd pas de sa dimension une fois posée sur scène grâce à une offre riche et risquée d’instruments qu’on n’avait plus l’habitude de retrouver ensemble. Le public s’emballe et le groupe suit à coups de plusieurs rappels. On ne sait plus si la musique prend vie, ou si la vie s’exprime en musique. Une parenthèse spatio-temporelle qui garde nos sens perchés, le temps au moins de profiter du format club proposé par le Badaboum, le temps de redescendre allègrement et déguster, encore, un peu, ce cocktail musical enivrant qu’on n’oubliera pas de recommander au bar.