[Live Report] Madonna, icône normale

Je n’ai pas peur des représailles : « Rebel Heart » est la tournée la plus réussie depuis le « Confessions Tour » de 2006.

La Madonna 2015 est la somme de toutes ses incarnations passés. Maman s’auto-référence plus que jamais pour nous offrir la crème d’un self-digest annoncé dés le traditionnel film d’intro. On y découvre une « Material Girl » sans ride ni cheveu blanc : son vernis n’a rien perdu de son éclat de 1984, même s’il a fallu passer par le sang et les larmes. La chancelière de la pop (ça change) apparaît ensuite dans une cage qui fait écho au confessionnal du « MDNA Tour » de 2012. Elle s’en libère pour révéler une tenue de samourai rouge feu qui évoque sa période Geisha-Gaultier de 1998. And so on.

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Même si le facteur indoor semble y être pour beaucoup, Madonna n’a jamais été aussi proche de son public. Elle foule ainsi le proscénium (dont la généreuse longueur rappelle celui de 2006) dés le titre d’ouverture Iconic, comme pour se plonger au plus vite dans un bain d’amour à la française.

Et c’est quand elle nous laisse l’impression de ne plus être dans le contrôle qu’elle nous charme le plus : accepter de partager les spotlights avec son fils David pour mieux le laisser chanter faux, faire lourdement tomber son micro (pour que les mauvaises langues comprennent qu’il est bien allumé – parfois), mimer une Marseillaise très miaou en pianotant sur son #suivezmoijeunehomme.

La Madonna pré-2015 ne serait sans doute jamais montée sur scène avec ce tragique hair bun en décomposition tout au long du tableau Rockabilly Meets Tokyo (par ailleurs mon préféré).

Mention spéciale pour les arrangements hystériques à la frontière du magique qui révèlent des morceaux tièdes du dernier album ou réveillent d’anciennes perles. Deeper And Deeper en boucle sur mon tel.