Best of 2016: rencontre avec Weval « Sans la scène, nous serions des robots »

Paris, 8 décembre 2016. Nous rencontrons Weval, le duo néerlandais composé de Harm Coolen et Merijn Scholte, à l’occasion de leur concert dans la salle parisienne Badaboum.

(c) Rainer Torrado

Chez “Les Tambours” on se pose la question suivante : qu’est-ce qui est plus important pour la structure de vos chansons: la basse ou la percussion?

(Rires) La question n’est pas facile ! Ça dépend de la chanson. Nous avons fait 40 versions différentes de I Don’t Need It avant de trouver la réponse. Nous avons compris éventuellement que les basses étaient plus importants, mais pendant des mois la percussion prenait le devant.

À la rédaction, on adore votre premier album éponyme. Nous l’aimons du début à la fin, et nous avons du mal à trouver notre chanson préférée. Quel est la votre en ce moment?

Depuis quelques semaines ou même des mois, la chanson qu’on préfère est Square People. On la trouve très positive, on aime beaucoup les graves, elle a même l’air funky pour nous !

Quelles sont les différences entre l’album et le live que vous allez jouer ce soir au Badaboum?

Nos lives sont certainement plus dansants. Nous avons un batteur sur scène et on se permet d’improviser. Sans cela on aurait pu devenir des robots sur scène. On n’entend plus nos chansons, notre musique devient vide. La structure du concert reste la même et nos chansons restent reconnaissables, mais nous nous permettons d’improviser et d’intégrer des surprises à notre live.

Vous avez décrit votre style comme chaleureux et « edgy ». L’année 2017 arrive à grands pas et on se demande comment vous allez évoluer. Comment décririez vous le son Weval en 2017?

On s’intéresse de plus en plus à la percussion en acoustique, toujours en faisant des montages, et récupérer les musiques des années 70 en leur apportant un peu de muscle.

« The Battle », « Years To Build », « You’re mine », « I don’t need it » Vos titres ont des échos parfois politiques, parfois personnels. Comment choisissez vous les titres de vos chansons?

Les titres de nos chansons peuvent être interprétés librement. Ils apportent une atmosphère particulière, déterminée par les mots choisis, mais l’interprétation finale est libre et dépend de chacun.

[You Made It II… NDLR notre préférée <3]

Nous partageons avec vous votre passion par Tame Impala ou Jai Paul. Si on demande au Père Noël un remix de Tame Impala par Weval, ou une collaboration entre Weval et Jai Paul, on les recevra ?

Nous avons contacté Universal dans le passé, afin de faire un remix pour Tame Impala. Pour l’instant ça n’a rien donné. Donc on attend !

Vous vous êtes rencontrés en école de cinéma, et vos musiques sont souvents décrites comme “cinématiques” Avez vous pensé à réaliser les clips pour vos propres chansons ?

Merijn : Oui, nous avons beaucoup réfléchi sur ça. Mais nous n’avons pas pu pour le moment. On trouve très difficile de filmer un clip pour illustrer une de nos chansons.

Harm : C’est aussi une question de temps et de budget. Si on trouve la bonne idée pour la bonne musique, et qu’on sent que les images apportent quelque chose, on le fera.

On aimerait regarder des films comme The Shining ou 2001 Odyssée dans l’espace de Stanley Kubrick avec une bande son par Weval. Si vous pouviez illustrer un film avec votre musique, lequel choisiriez-vous?

Harm : Victoria, un film allemand récent, shooté en un seul plan sequence. Mais je dois avouer que sa BO, par Nils Frahm, est déjà excellente.

Merijn : The Big Lebowski des frères Coen, mais je ne suis pas sûr que ça colle !

Vous trouvez où l’inspiration?

Harm : En musique, écouter des albums peu connus de musique expérimentale m’inspire énormément. Je deviens libre pour jouer avec des bruits et des sons.

Merijn : Je n’écoute pas beaucoup de musique électronique en ce moment, je m’intéresse plutôt aux sons des années 70.

Quels sont vos guilty pleasures?

On adore le mashup de Thong Song de Sisqó et Stolen Dog de Burial. Le résultat est drôle et très très bon. Climax de Usher et Are You That Somebody de Aaliyah sont tellement bien qu’on se sent pas coupables en les écoutant. C’est pas de plaisirs coupables, mais plutôt de plaisirs énormes !

Et pour finir, avez vous un conseil à donner à nos lecteurs qui voudraient peut-être se lancer à faire des chansons ou à réaliser des films ?

Dans la musique, on voit souvent des gens qui cherchent le succès avec leur premières chansons. Notre conseil : sois patient. Il faut arriver à pouvoir faire une chanson qui te plaise à toi : c’est déjà une réussite. Aussi, ça nous paraît utile de rester simple. Par exemple, faire d’abord un court-métrage de quelques minutes au lieu de tourner un film de 90 minutes. Sauf si tu es vraiment doué et très très riche ! (rires)

Weval – Weval (Kompakt Records) 2016

Crédit photo: Rainer Torrado

Merci Delphine <3